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15 mai. 2025

Balzac et le ski

par DS

En parcourant la revue La Montagne, revue du club alpin français, n° 10 du 20 octobre 1910, un titre dans la rubrique Chronique alpine, qui rapporte succinctement les dernières nouvelles des courses en montagne, des accidents, des concours de ski, etc., a attiré mon attention : Balzac et le ski [1].

Balzac et le ski
En relisant les œuvres complètes de Balzac, il nous est tombé sous les yeux quelques lignes concernant le ski, ignorées sans doute de la plupart des amateurs de ce sport ; il nous a paru intéressant et curieux d’en rappeler les termes.
L. Hauser

« De nouveau, tous deux ils firent siffler sur la neige de longues planches attachées à leurs pieds et parvinrent sur la première plinthe que le hasard avait nettement dessinée sur le flanc de cet abîme. La personne que Minaa nommait Séraphitüs s’appuya sur son talon droit pour relever la planche longue d’environ une toise, étroite comme un pied d’enfant, et qui était attachée à son brodequin par deux courroies en cuir de chien marin. Cette planche, épaisse de deux doigts, était doublée en peau de renne dont le poil en se hérissant sur la neige, arrêta soudain Séraphitüs ; il ramena son pied gauche dont le patin n’avait pas moins de deux toises de longueur, tourna lestement sur lui-même, vint saisir sa peureuse compagne, l’enleva malgré les longs patins qui armaient ses pieds, et l’assit sur un quartier de roche, après en avoir chassé la neige avec sa pelisse… »

« En un moment, leurs patins furent rattachés, et tous deux descendirent le Falberg par les pentes rapides qui l’unissaient aux vallées de la Sieg. Une intelligence miraculeuse présidait à leur course, ou, pour mieux dire, à leur vol. Quand une crevasse couverte de neige se rencontrait, Séraphitüs saisissait Minna et s’élançait par un mouvement rapide sans peser plus qu’un oiseau sur la fragile couche qui couvrait un abîme. Souvent, en poussant sa compagne, il faisait une légère déviation pour éviter un précipice, un arbre, un quartier de roche qu’il semblait voir sous la neige, comme certains marins habitués à l’Océan en devinent les écueils à la couleur, au remous, au gisement des eaux. »


[1Le texte intégral se trouve facilement sur Gallica – Honoré de Balzac, Études philosophiques et études analytiques, vol. 16 des œuvres complètes, Paris, 1846 (p. 208, 215, 225). L’histoire se passe près de Christiania en Norvège. L’œuvre est dédicacée à Mme Éveline de Lanska, datée du 23 août 1835.

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